Premières impressions :

Que dire, ce genre de texte fait partie de ceux qui, quoi qu’il arrive, restent dur à appréhender. Il faut bien commencer quelque part. Et ici, l’autrice a décidé de réaliser une structure de texte tellement inattendue et inhabituelle qu’on ne peut pas l’étudier d’une manière conventionnelle.

Il n’en demeure pas moins que c’est un texte maîtriser et bien écrit.

Comme d’habitude je ne saurais vous conseiller de faire autrement que d’aller lire sa nouvelle. Et ce avant d’entamer la lecture de ma chronique. Bien entendu je vous encourage aussi vivement d’aller vous renseigner sur l’autrice elle-même qui mérite une attention particulière.

Une première personne plus qu’approfondie :

Comme je le disais plus tôt, on est devant un texte différent de ce qu’on a coutume de lire. La première personne est poussée au point de paraître, dans un premier temps, totalement hors norme. On s’y perd facilement, et pourtant il est d’une cohérence absolue. Il faut comprendre qu’a mon sens, l’autrice a fait la démarche de rendre son appréhension plus que réaliste. L’essence du texte est entièrement basé sur ce fait. Nous vivons dans l’esprit de la protagoniste. Suivant le cours de ses pensées et son cheminement. C’est ici réalisé d’une très belle manière. L’autrice ayant en effet choisi de transmettre les moindres petits détails d’une réflexion que notre esprit pourrait se laisser surprendre à admettre. Et c’est, de mon point de vue une manière très intéressante de faire passer des émotions au lecteur.

Conclusion :

L’autrice a pris, à mon sens, pas mal de risques avec ce texte. Ce n’est pas forcément aisé pour un-e lecteur-trice d’accrocher sur un texte qui semble, aux premiers abords, n’avoir aucun sens. Et pourtant ! Pari réussi, ça fonctionne, très bien même. Lorsqu’on se penche réellement dessus on prend très vite conscience du fonctionnement de celui-ci. Ce qui nous permet d’appréhender Paris avec les yeux et l’esprit du protagoniste et nous donne une appréciation différente du personnage. C’est pour ma part, un très bon point pour l’autrice.

MinInterview

1) quelles sont les inspirations qui t’ont permis de te créer ton style d’écriture ?

Je lis beaucoup et je suis fascinée par les détails qui font le sens d’une histoire. Une de mes inspirations majeures est la romancière britannique Barbara Pym, qui posait un regard quasi ethnologique sur la société autour d’elle et arrivait à raconter des histoires universelles à partir du quotidien de personnes très ordinaires. « Les Lettres de Barcelone » (mon 1er livre) et « Les Lettres de Paris » (mon projet actuel) sont composées de récits courts. Beaucoup sont construits sur un principe que le bloggeur américain James Altucher appelle « idea sex » : faire rencontrer 2 idées préexistantes pour créer quelque chose de nouveau. Par exemple, Games of Thrones résulte de la rencontre des Rois maudits (roman historique inspiré de l’Europe médiévale) et des classiques de la fantasy. Harry Potter mélange le concept de pensionnat britannique et le monde de la magie. J’essaye de trouver 2 idées qui n’ont pas grand-chose en commun a priori et de les réunir.

2) édition classique où autoédition ?

Je publie en autoédition. C’est venu naturellement. Une amie venait de publier son 1er roman ainsi et la liberté et la rapidité de la formule m’ont convaincu. Je suis ravie de la maîtrise complète que j’ai de mes écrits et du contact direct avec mes lecteurs.

3) Pourquoi avoir écrit cette nouvelle ?

« Le bon bout de l’émotion » fait partie de la série de récits « Les Lettres de Paris » : je publie chaque semaine un récit court sur mon blog. Pour cette nouvelle, mon point de départ a été un entretien très surprenant où l’auteur américain Ann Patchett racontait avoir détruit un roman finalisé avant de le réécrire complètement. En tant qu’auteur, cela m’a choqué car elle affirmait avoir pris la décision soudainement et de manière radicale (elle n’a rien gardé). Elle a expliqué qu’il y avait « la manière la plus juste émotionnellement » de raconter une histoire et j’ai compris son point de vue. Je cherchais à intégrer cette incroyable anecdote dans une de mes lettres… il ne me restait plus qu’à trouver une autre idée avec laquelle réunir celle d’Ann Patchett.